Organiser une course VTT ou une cyclosportive en montagne : ce qui change par rapport à un trail, et comment l'anticiper

·L'équipe SuperBénévole·17 min de lecture

Une descente de col ou un single en forêt ne se sécurisent pas comme un sentier de trail : les participants vont trois à cinq fois plus vite, s'étalent sur des dizaines de kilomètres et cassent du matériel. Côté administratif, la règle est la même pour tous les sports non motorisés sur voie publique : dès qu'il y a un classement, un chronométrage ou plus de 100 participants, la manifestation se déclare (article R331-6 du Code du sport), mais les règles techniques qui s'y greffent viennent de la Fédération française de cyclisme, pas de l'athlétisme. Ce guide passe en revue, poste par poste, ce qui change quand on remplace des coureurs par des vélos en montagne.

En bref

  • Déclarez avec le bon Cerfa (15827 avec classement, 15826 sans), 2 mois avant l'épreuve minimum (3 mois si plusieurs départements), et demandez l'avis de la FFC si vous n'êtes pas au calendrier fédéral.
  • Dimensionnez les signaleurs à partir des intersections et non du kilométrage : majeurs, permis de conduire, gilet haute visibilité, piquet K10, liste déposée au moins 3 semaines avant.
  • Prévoyez un dispositif de secours mobile (motos, quad ou 4×4 selon le terrain) et un plan d'évacuation par zone, avec hélicoptère en pré-alerte dès que l'accès est difficile.
  • Adaptez les ravitaillements au vélo : hors chaussée, à droite, bidons remplis par des bénévoles, assistance mécanique et parc à vélos aux points de coupure.
  • Fixez avant l'épreuve vos seuils météo (orage, froid en descente, vent en crête) et un parcours de repli déjà balisé.

Sommaire

Vous avez déjà organisé une course à pied, un trail peut-être, et le club ou la station vous demande d'ajouter une épreuve VTT ou une cyclosportive. Bonne nouvelle : 70 % de votre méthode reste valable (déclaration, assurance, bénévoles, PC course, ravitaillements). Les 30 % restants sont ceux qui font la différence entre une belle journée et un rapport d'accident. Ce guide se concentre sur ces 30 % : ce qui change parce que les participants roulent, vite, en montagne.

Ce qui change vraiment quand les participants roulent

Trois paramètres physiques expliquent presque toutes les différences d'organisation entre une course à pied et une course cycliste en montagne.

La vitesse. Un traileur descend un col à 10 ou 12 km/h ; un cyclosportif ou un vététiste sur piste peut dépasser 60 km/h. Conséquences directes : un signaleur doit voir loin et être vu de loin, une flèche de balisage se lit à 40 mètres et non à 5, un carrefour non tenu devient un accident grave et non un coureur qui se trompe de chemin.

L'étalement. Sur une cyclosportive de 120 km, le premier et le dernier participant peuvent être séparés de 4 heures et de 60 km de route. Les signaleurs d'un même carrefour restent donc en poste beaucoup plus longtemps que sur un trail équivalent, et les postes situés loin sur le parcours démarrent tard : la planification horaire des bénévoles se calcule à partir des vitesses mini/maxi, pas d'une heure de départ unique.

Le matériel. Une crevaison, une chaîne cassée, un dérailleur arraché ou une batterie de VAE à plat mettent un participant à l'arrêt là où un coureur continue. Il faut donc penser assistance mécanique, rapatriement des vélos et des personnes, et parc à vélos aux points de coupure.

Le tableau suivant résume, poste par poste, ce qui se transpose et ce qui se réinvente. Gardez-le sous la main : c'est la colonne vertébrale du reste de l'article.

Poste d'organisationCourse à pied / trailVTT ou cyclosportive en montagne
Déclaration en préfectureCerfa 15824 (avec classement), avis de la FFA si hors calendrierCerfa 15827 (avec classement) ou 15826 (sans), avis de la FFC si hors calendrier fédéral ; régime de circulation à choisir
BalisageRubalise, jalons, marquage au solFlèches directionnelles lisibles à distance, marquage des dangers (1 à 3 flèches inversées), croix « X » sur les mauvaises directions
SignaleursAux traversées de routeÀ chaque intersection avec une voie ouverte, y compris chemins carrossables et accès de hameaux ; motos d'escorte sur route
Vitesse d'intervention des secoursÀ pied ou en 4×4, coureur souvent conscient et mobileChutes à haute vitesse, traumatismes crâniens et de l'épaule ; secours mobiles (moto, quad, 4×4) et hélicoptère en pré-alerte en zone difficile
RavitaillementsTables, gobelets, coureurs à l'arrêtHors chaussée, à droite, hors intersection ; bidons remplis par les bénévoles, nourriture prête à emporter, assistance mécanique à proximité
Fin de courseSerre-file à piedVoiture ou moto « fin de course » drapeau vert ; ramassage des vélos et des abandons
Point de coupure / barrière horaireRetour à pied ou navetteNavette personnes + remorque ou camion pour les vélos
Zones sans réseauRadios pour les postes clésRadios obligatoires aux postes stratégiques (RTS FFC) et relais radio ou téléphone satellite si zone blanche étendue
DébalisageLe lendemainLe lendemain, avec inventaire des flèches (elles se volent) et retrait de tout marquage dans la semaine

Déclarer une course cycliste : la même loi, une autre fédération

Sur voie publique, le Code du sport ne distingue pas le vélo de la course à pied. L'article R331-6 soumet à déclaration toute manifestation sportive sans véhicule à moteur qui comporte un chronométrage, un classement ou un horaire fixé à l'avance, ou qui, sans cela, regroupe plus de 100 participants. Une rando VTT « loisir » de 150 personnes se déclare donc, chrono ou pas.

Ce qui change, ce sont les délais, le formulaire et l'interlocuteur fédéral :

  1. Sans classement ni chrono (rando VTT, randonnée cyclo) : déclaration au moins un mois avant (article R331-8), Cerfa 15826. Le règlement type de la FFVélo rappelle la même règle : déclaration dès 100 participants, un mois minimum.
  2. Avec classement, chrono ou horaire imposé (course VTT, cyclosportive, enduro) : déclaration au moins deux mois avant, trois mois si le parcours traverse plusieurs départements (article R331-10), Cerfa 15827. Le dépôt se fait en ligne sur declaration-manifestations.gouv.fr ou en préfecture ; en une seule commune, c'est le maire qui reçoit la déclaration.
  3. Avis de la fédération délégataire : si votre épreuve n'est pas inscrite au calendrier fédéral et que vous n'avez pas de convention annuelle, vous devez demander l'avis de la FFC ; faute de réponse sous un mois, l'avis est réputé favorable (article R331-9). Anticipez cette étape : c'est un mois de plus dans votre rétroplanning.
  4. Règles techniques et de sécurité : la fédération délégataire édicte les règles techniques applicables et votre règlement particulier doit les respecter (article R331-7). Pour le vélo, ce sont les RTS de la FFC, avec une version « voie publique » et une version « VTT ». Les préfectures s'y réfèrent pour instruire votre dossier.
  5. Régime de circulation (cyclosportive) : c'est une décision à prendre avant de remplir le Cerfa. Les RTS route de la FFC listent quatre régimes pour les épreuves de masse : respect du Code de la route, priorité de passage, usage exclusif temporaire de la chaussée, usage privatif. Une cyclosportive de col se court le plus souvent en priorité de passage ou en respect du Code de la route, ce qui impose de rappeler aux participants qu'ils restent des usagers de la route et de placer des signaleurs partout où une voiture peut surgir.
  6. Assurance : la manifestation ne peut débuter qu'après production des garanties d'assurance à l'autorité (article R331-14) ; la responsabilité civile organisateur doit couvrir participants et personnes associées à l'organisation. Sanction en cas de déclaration manquante : contravention de cinquième classe (article R331-17-2).

Pensez aussi à ce que le Code du sport ne couvre pas : les chemins. Un parcours VTT emprunte des chemins ruraux (accord de la commune), des parcelles privées (accord écrit du propriétaire), des forêts domaniales (autorisation de l'ONF, à demander plusieurs semaines à l'avance, avec parfois une redevance), des pistes de station (convention avec l'exploitant des remontées mécaniques). En site Natura 2000, une évaluation des incidences est exigée pour les manifestations soumises à déclaration ou autorisation dont le budget dépasse 100 000 € ou qui délivrent un titre national ou international (liste nationale de l'article R414-19 du Code de l'environnement), mais les préfets complètent cette liste par des listes locales avec des seuils souvent plus bas : vérifiez celle de votre département avant de tracer.

Sécuriser un parcours qui se roule à 60 km/h

Les signaleurs : plus nombreux, en poste plus longtemps

Les règles de base sont identiques à celles d'une course à pied : signaleurs majeurs, titulaires du permis de conduire, identifiables par un gilet haute visibilité (article R416-19 du Code de la route), équipés d'un piquet mobile K10 rouge/vert aux postes fixes, sans pouvoir de police (ils signalent, ils ne verbalisent pas). Les motos signaleurs doivent être conduites par des titulaires du permis A1, A2 ou A, casque gardé sur la tête pour rester identifiables. La liste nominative se dépose pour agrément préfectoral au moins trois semaines avant l'épreuve selon les RTS FFC ; certaines préfectures demandent plus, renseignez-vous.

Ce qui change, c'est la méthode de dimensionnement. Sur un trail on compte les traversées de route ; sur une épreuve vélo on compte toutes les intersections où un véhicule peut déboucher, dans les deux sens. Méthode pas à pas, à faire sur la trace GPX puis à valider en reconnaissance :

  1. Listez chaque intersection du parcours avec une voie ouverte à la circulation : routes, mais aussi chemins carrossables, accès de fermes et de hameaux, sorties de parkings de station.
  2. Classez-les : A = carrefour avec visibilité réduite ou en descente rapide (2 signaleurs, un de chaque côté, plus barrière K2 si possible) ; B = carrefour simple hors agglomération (1 signaleur) ; C = chemin sans trafic attendu (jalonneur ou simple balisage renforcé).
  3. Calculez pour chaque poste l'heure d'arrivée du premier participant (vitesse maxi réaliste : 35 km/h de moyenne sur une cyclo vallonnée, 18 km/h en VTT) et du dernier (vitesse mini ou barrière horaire).
  4. Ajoutez la marge des RTS : en place 15 à 30 minutes avant le passage théorique, retrait 15 minutes après la voiture « fin de course ».
  5. Vous obtenez, pour chaque poste, une plage horaire. Sur une cyclo de 120 km, un poste au kilomètre 100 peut ainsi ouvrir à 11 h et fermer à 15 h 30 : c'est un bénévole mobilisé une demi-journée, pas une heure. Prévoyez une relève ou une organisation en deux équipes pour ces postes, et un ravitaillement pour les signaleurs eux-mêmes.

Consignes à inscrire dans chaque fiche de poste signaleur, reprises des guides de clubs cyclistes : dos à la course, face aux véhicules qui arrivent ; arrêt de la circulation à l'apparition de la voiture ouvreuse (gyrophare orange, drapeau rouge), réouverture au passage de la voiture fin de course (drapeau vert) ; ne jamais quitter le poste seul ; noter tout incident (immatriculation, dossard, heure, lieu) et le transmettre au coordonnateur sécurité, que vous devez désigner nommément dans la déclaration.

La « bulle course » et les véhicules d'escorte

La circulaire du 13 mars 2018, qui applique le décret du 9 août 2017, formalise la « bulle course » : l'espace occupé par les coureurs entre un véhicule d'ouverture et un véhicule de fermeture, tous deux équipés d'une signalisation lumineuse jaune-orangée et de drapeaux, rouge devant, vert derrière. Pour une course en ligne, les RTS FFC prévoient une voiture d'ouverture 5 à 10 minutes devant la tête, une voiture pilote 300 m à 3 minutes devant, des motos d'ouverture et de tête de groupe, puis une voiture « fin de course » avec panneau et drapeau vert. Sur une cyclosportive étalée, la bulle n'existe plus après quelques kilomètres : ce sont vos signaleurs fixes et vos motos volantes qui prennent le relais. Budgétez les motos (carburant, défraiement, gilets « sécurité », sifflets) et briefez-les avec les signaleurs, pas séparément.

Balisage VTT : lisible à 40 mètres, dangers annoncés

Les RTS VTT de la FFC décrivent un balisage précis : flèches directionnelles noires sur fond blanc ou jaune, posées à droite du parcours (à gauche avant un virage à droite), jalons et rubalise en complément, croix « X » bien visible pour signaler une mauvaise direction. Les dangers s'annoncent avec des flèches inversées : une pour un danger modéré, deux pour un danger important, trois pour un danger majeur. Un vététiste qui arrive à 40 km/h dans une descente doit lire l'information avant le danger, pas dessus : posez les panneaux de danger 30 à 50 mètres en amont, et doublez-les quand la visibilité est réduite.

Les jalonneurs (18 ans minimum, sifflet, identifiables) se placent aux bifurcations où le balisage seul ne suffit pas, et les RTS demandent des postes radio « aux endroits stratégiques » pour assurer une liaison tout au long du parcours. En montagne, testez la couverture radio en reconnaissance et notez les zones blanches sur la carte des postes : c'est là qu'il faut un relais ou un poste avec téléphone satellite.

Côté environnement, la charte de balisage temporaire relayée par la FFRandonnée est claire : pas de peinture sur les arbres ni sur les supports verticaux, bombe à la craie uniquement au sol et avec parcimonie, retrait de tout le balisage dans la semaine qui suit. Faites débaliser par l'équipe qui a balisé : elle sait où sont les flèches.

Secours en montagne : dimensionner pour des chutes rapides et des accès difficiles

Le référentiel national des dispositifs prévisionnels de secours calcule un ratio (RIS = indice de risque × effectif du public / 1 000) à partir de trois coefficients : comportement du public, environnement, délai d'intervention des secours publics. Deux de ces coefficients prennent leur valeur maximale (0,40) dès qu'on est en montagne : « grands espaces naturels, brancardage difficile » et « délai d'intervention supérieur à 30 minutes ». Cette grille est pensée pour le public (spectateurs à l'arrivée, au village, en bord de piste) ; pour les participants eux-mêmes, ce sont les RTS de la fédération et les prescriptions de la préfecture qui fixent le minimum, et l'association agréée de sécurité civile qui vous conseille. Pour les ordres de grandeur, voici ce que demandent les RTS FFC :

  • Toute épreuve sur voie publique : trousse de premiers secours et au moins deux secouristes majeurs titulaires du PSC1, identifiables. Circuit de 20 km et plus ou épreuve en ligne : DPS (statique, dynamique ou mixte) ou ambulance de type B (norme NF EN 1789) avec médecin ou infirmier. Cyclosportives, ultra et gravel : l'organisateur présente un dispositif « adapté au nombre de participants et au parcours » ; en pratique, les préfectures attendent au moins une ambulance et un médecin ou un infirmier pour une cyclo de plusieurs centaines de participants sur cols.
  • VTT niveau régional ou départemental : au moins un PAPS (deux secouristes PSC1) ; pour la descente et l'enduro, un DPS de petite envergure et une ambulance, médecin recommandé en descente.
  • VTT niveau national ou international : au moins un DPS de petite envergure (quatre personnes) pour la descente et l'enduro, six secouristes PSC1 minimum, un médecin urgentiste, deux ambulances et un hélicoptère en pré-alerte selon l'accessibilité.

Ces minima fédéraux sont un plancher. Le vrai travail de l'organisateur en montagne, c'est le plan d'évacuation par zone. Découpez le parcours en tronçons et, pour chacun, écrivez : le point d'accès le plus proche pour un 4×4 ou un quad, le temps d'accès à pied depuis ce point, la DZ hélicoptère identifiée (coordonnées GPS, dégagée, communiquée au SAMU et au PGHM ou à la CRS Montagne en amont), le moyen de communication qui fonctionne (radio, GSM, satellite). Ce document, joint à la déclaration, est ce qui rassure le plus la préfecture et le SDIS.

Trois différences avec un trail à garder en tête : les traumatismes sont plus souvent crâniens, cervicaux et de l'épaule (chutes à vitesse), donc formez vos secouristes à ne pas retirer un casque sans avis ; un blessé sur un single en forêt est difficile à repérer, donc numérotez vos flèches ou vos jalons tous les 500 m pour que le participant qui appelle puisse dire « je suis à la balise 42 » ; enfin le casque est obligatoire pour tous les compétiteurs (RTS FFC, règlement UCI 1.3.031) et pour tout cycliste de moins de 12 ans sur la route (article R431-1-3 du Code de la route), ce que la FFVélo étend à tous les mineurs sur ses randonnées. Faites-en un contrôle de départ, pas une ligne du règlement.

Ravitaillements, assistance mécanique et logistique vélo

Un ravito de trail accueille des coureurs qui s'arrêtent, mangent, repartent. Un ravito vélo accueille des participants qui veulent repartir en 90 secondes et qui arrivent groupés. Le règlement type de la FFVélo fixe les bases : implantation hors chaussée, à droite dans le sens de circulation, jamais à une intersection ni dans une zone sans visibilité. Ajoutez la pratique des cyclos bien rodées : deux bénévoles dédiés au remplissage des bidons (les participants tendent le bidon, ils ne le remplissent pas eux-mêmes), nourriture conditionnée pour tenir en poche de maillot, zone d'arrêt matérialisée 50 mètres avant pour éviter le coup de frein dans le groupe, râtelier ou barrières où poser les vélos, et poubelles 100 mètres après le ravito car les cyclistes jettent en roulant.

L'assistance mécanique est le poste qui n'existe pas en course à pied. Prévoyez, selon la taille de l'épreuve : une station de réparation (pompe à pied, chambres à air des tailles courantes, dérive-chaîne, maillons rapides, multi-outils) à chaque ravitaillement principal ; un partenaire vélociste ou un bénévole mécanicien mobile en moto ou en voiture sur les cyclosportives ; une consigne claire dans le règlement sur ce que l'organisation fournit ou non. Pour les VTT à assistance électrique, de plus en plus présents, annoncez si une catégorie VAE existe, si la recharge est possible aux points de coupure, et quelle autonomie est nécessaire pour finir.

Autre spécificité : le rapatriement. Un traileur qui abandonne monte dans une navette ; un vététiste abandonne avec un vélo à 3 000 € qu'il ne laissera pas dans un fossé. Chaque point de coupure et chaque barrière horaire doit disposer d'un véhicule pour les personnes et d'une remorque ou d'un utilitaire pour les vélos, avec un bénévole qui étiquette chaque vélo au numéro de plaque de cadre et le restitue contre signature. À l'arrivée, un parc à vélos gardé (les participants veulent manger et se changer sans surveiller leur machine), un point de lavage si le terrain est boueux, et un espace pour les consignes de sacs de rechange si le parcours est en ligne.

Enfin, le matériel d'identification : en vélo, le dossard se complète d'une plaque de cadre lisible de face par les motos et les signaleurs, et souvent d'une puce de chronométrage fixée à la fourche. Sur un enduro, le chrono se fait par spéciale, avec un départ toutes les 20 à 30 secondes et des liaisons non chronométrées : le poste « départ de spéciale » (starter, contrôle du casque, radio vers l'arrivée de la spéciale pour vérifier qu'elle est dégagée) est un poste à part entière qui n'a aucun équivalent en trail.

Météo, altitude et plan B

En montagne, la météo décide plus souvent que vous. Un traileur qui se refroidit ralentit et se couvre ; un cycliste qui attaque une descente de 20 km trempé et à 5 °C peut arriver en hypothermie sans s'en rendre compte, parce qu'il ne pédale plus. Les orages sont le second risque : en crête ou sur une route de col exposée, il n'y a pas d'abri.

Écrivez vos seuils avant l'épreuve et faites-les valider par votre médecin de course et le coordonnateur sécurité : température ressentie au sommet en dessous de laquelle vous imposez coupe-vent et gants au contrôle de départ ; alerte orage (vigilance ou observation directe) qui déclenche l'arrêt des départs de spéciales ou la neutralisation d'un col ; vent en crête qui ferme un secteur ; visibilité qui bloque l'hélicoptère et impose de renforcer les secours terrestres. Pour chaque seuil, la décision, la personne qui la prend (une seule) et le canal pour la diffuser aux postes. Un parcours de repli déjà balisé, plus court et plus bas, permet de maintenir l'épreuve plutôt que de l'annuler ; sur les cyclosportives, c'est souvent « le petit parcours pour tout le monde ».

Pensez aussi à ce qui, en montagne, ne dépend pas de vous : les arrêtés de circulation d'un col relèvent du gestionnaire de la voirie (souvent le conseil départemental), qui peut fermer la route pour travaux ou neige tardive ; les remontées mécaniques ont leurs propres conditions d'exploitation par vent fort ; les alpages sont occupés par des troupeaux et des chiens de protection de juin à septembre, ce qui impose une information aux participants et une concertation avec les éleveurs avant de tracer.

Les bénévoles : des postes qui n'existent pas en course à pied

Une épreuve vélo demande en général plus de bénévoles qu'un trail de même effectif, parce que les postes sont plus nombreux et plus longs. Voici ceux à ajouter à votre organigramme habituel, avec ce que la fiche de poste doit contenir :

  • Signaleur fixe : lieu exact (photo du carrefour dans la fiche), plage horaire calculée, gilet, K10, consigne « dos à la course », numéro du coordonnateur sécurité, heure de relève.
  • Signaleur moto : permis A, gilet « sécurité », sifflet, feux de détresse pour les motos de fin de course, secteur affecté, fréquence radio.
  • Jalonneur VTT : bifurcation affectée, sifflet, radio si poste stratégique, consigne d'orientation et d'alerte.
  • Starter de spéciale (enduro) : liste de départ, chronomètre synchronisé, contrôle casque, liaison radio avec l'arrivée de spéciale.
  • Assistance mécanique : station fixe ou mobile, matériel, ce qui est gratuit ou non.
  • Rapatriement vélos : véhicule, remorque, étiquettes, registre de restitution.
  • Parc à vélos et lavage : arrivée, gardiennage, tuyau et point d'eau.
  • Débalisage : la même équipe que le balisage, avec l'inventaire des flèches posées.

Pour la planification horaire, appliquez la méthode des plages calculées poste par poste (voir la section signaleurs). Le résultat est souvent contre-intuitif : sur une cyclo de 120 km avec 90 postes, plus de la moitié des bénévoles n'ont rien à faire avant 10 h 30 et certains terminent après 16 h. Un briefing unique à 7 h du matin ne convient pas ; prévoyez des briefings par vague (départ, secteur 1, secteur 2, arrivée) et une confirmation individuelle de la plage horaire par SMS la veille.

Trois retours de terrain

Le carrefour « tranquille » de la descente. Sur une cyclosportive alpine, un carrefour classé « B » (un signaleur) en bas d'une descente à 70 km/h donnait sur un chemin d'accès à un hameau, sans trafic attendu. Un tracteur en est sorti au passage du deuxième groupe ; pas de blessé, mais deux vélos détruits. Leçon : en descente rapide, la classification dépend de la vitesse d'arrivée des participants, pas du trafic de la voie qui débouche. Tout carrefour en bas d'une descente est un « A », avec deux signaleurs et une barrière.

Le ravito qui a créé un bouchon. Rando VTT de 400 participants, ravito principal installé à la sortie d'un single, juste après un virage. Les premiers arrêtés ont bloqué le single ; ceux qui arrivaient derrière ont freiné dans la pente, plusieurs chutes sans gravité. Leçon : le ravito se place sur une portion large, après une section roulante, avec une zone d'arrêt annoncée 50 mètres avant.

Les flèches disparues. Enduro en station, balisage posé le vendredi ; le dimanche matin, une dizaine de flèches manquaient sur une liaison, retirées par des promeneurs ou par le vent. Deux groupes se sont retrouvés sur une piste de descente non prévue. Leçon : reconnaissance de contrôle du balisage le matin même par des vététistes en avance sur le premier départ, avec un stock de flèches de rechange et une radio ; et inventaire numéroté des flèches pour savoir exactement ce qui manque.

Checklist : du J-6 mois au J+7

  • J-6 mois : trace GPX validée en reconnaissance ; liste des propriétaires, communes, ONF, exploitant de remontées mécaniques à solliciter ; choix du régime de circulation ; vérification des listes locales Natura 2000 ; contact avec l'association de secours et le vélociste partenaire.
  • J-4 mois : demande d'avis à la FFC si hors calendrier fédéral (un mois de délai) ; accords écrits des propriétaires et de l'ONF ; devis secours et ambulance.
  • J-3 mois : dépôt de la déclaration (Cerfa 15827 ou 15826) avec itinéraire, horaires, plan d'évacuation par zone, désignation du coordonnateur sécurité ; multi-départements : c'est la date limite.
  • J-2 mois : date limite de déclaration pour un seul département ; inventaire des intersections classées A/B/C et calcul des plages horaires ; ouverture des inscriptions bénévoles avec les postes spécifiques vélo.
  • J-3 semaines : dépôt de la liste nominative des signaleurs ; attestation d'assurance transmise ; matériel de balisage, K10, gilets, radios réservés ; test de couverture radio sur le parcours.
  • J-7 : briefing écrit envoyé à chaque bénévole avec fiche de poste, photo du poste et plage horaire ; seuils météo validés ; parcours de repli balisé sur carte.
  • J-2 à J-1 : balisage avec inventaire numéroté ; installation des ravitos hors chaussée ; SMS de confirmation individuelle des plages horaires.
  • Jour J : contrôle du balisage par des ouvreurs à vélo ; contrôle casque au départ ; main courante horodatée au PC ; signaleurs en poste 30 minutes avant, levée 15 minutes après la fin de course ; parc à vélos et restitution contre signature.
  • J+1 à J+7 : débalisage complet par l'équipe de balisage, retrait de tout marquage au sol, remise en état des voies (article R331-16), retour aux propriétaires et à la commune, bilan incidents avec le coordonnateur sécurité.

Comment SuperBénévole! vous aide sur ce point

Le point dur d'une épreuve vélo en montagne, c'est le nombre de postes longs et dispersés : 90 signaleurs sur 120 km, des plages horaires différentes pour chacun, des jalonneurs sans réseau. SuperBénévole! permet d'importer la trace GPX du parcours, de positionner chaque poste (signaleur, jalonneur, ravito, assistance mécanique, départ de spéciale) sur la carte avec sa plage horaire et sa fiche de poste, d'affecter les bénévoles selon leurs contraintes (permis, moto, disponibilité l'après-midi), puis de confirmer les créneaux par messagerie groupée. Le jour J, le suivi BénéLive indique au PC course quels postes sont réellement tenus, ce qui compte quand la levée d'un signaleur dépend du passage de la voiture fin de course.

Découvrir la cartographie des postes et l'affectation des bénévoles

Questions fréquentes

Faut-il déclarer une randonnée VTT sans chronométrage ?

Oui dès qu'elle emprunte une voie publique ou ouverte à la circulation et regroupe plus de 100 participants (article R331-6 du Code du sport). La déclaration se fait au moins un mois avant, avec le Cerfa 15826, auprès du préfet, ou du maire si la randonnée reste sur une seule commune. En dessous de 100 participants et sans classement, aucune déclaration n'est exigée, mais l'assurance responsabilité civile organisateur reste obligatoire et les accords des propriétaires de chemins privés et de l'ONF en forêt domaniale restent nécessaires. Le règlement type de la FFVélo reprend ces mêmes seuils pour ses organisations.

Combien de signaleurs prévoir pour une cyclosportive en montagne ?

Il n'existe pas de ratio réglementaire : les RTS de la FFC parlent d'un nombre « raisonnable et adapté à la sécurité », proposé par l'organisateur et validé par la préfecture. La méthode fiable consiste à lister chaque intersection avec une voie ouverte (routes, chemins carrossables, accès de hameaux), à la classer selon la vitesse d'arrivée des cyclistes et la visibilité (deux signaleurs en bas d'une descente, un sur un carrefour simple), puis à calculer pour chaque poste la plage horaire entre le premier et le dernier participant. Sur 120 km, on arrive souvent entre 60 et 100 signaleurs, dont beaucoup en poste plusieurs heures.

Quel dispositif de secours pour une course VTT en montagne ?

Les RTS VTT de la FFC fixent un plancher : au niveau régional, un point d'alerte et de premiers secours avec deux secouristes PSC1 au minimum, et pour la descente ou l'enduro un DPS de petite envergure avec une ambulance ; au niveau national, six secouristes, un médecin urgentiste, deux ambulances et un hélicoptère en pré-alerte selon l'accessibilité. En montagne, complétez par un plan d'évacuation par zone (accès 4×4 ou quad, DZ hélicoptère, moyen de communication) joint à la déclaration, et faites valider le tout par l'association agréée de sécurité civile qui assure le DPS et par la préfecture.

Le casque est-il obligatoire sur une course VTT ou une cyclosportive ?

Oui pour tous les compétiteurs : les règles techniques et de sécurité de la FFC imposent un casque rigide homologué, en référence à l'article 1.3.031 du règlement UCI. Sur la route, le Code de la route l'impose par ailleurs à tout cycliste de moins de 12 ans (article R431-1-3), et le règlement type de la FFVélo l'exige pour tous les mineurs sur ses randonnées, en le conseillant vivement aux adultes. Pour l'organisateur, la bonne pratique est un contrôle visuel du casque au départ, inscrit dans le règlement particulier, plutôt qu'une simple mention.

Que faire des vélos des participants qui abandonnent ?

Prévoir, à chaque point de coupure et barrière horaire, un véhicule pour les personnes et une remorque ou un utilitaire pour les vélos, avec un bénévole qui étiquette chaque machine au numéro de plaque de cadre et la restitue à l'arrivée contre signature. Sur une cyclosportive étalée, un utilitaire « balai » qui suit la voiture fin de course fait ce travail en continu. Annoncez la procédure dans le règlement et au briefing : un participant qui sait que son vélo sera ramené abandonne plus facilement quand il le faut, au lieu de continuer en danger.

Sources

  1. Code du sport, articles R331-6 à R331-17-2 (manifestations sportives sur les voies publiques sans véhicules à moteur) (2026) — Seuil de 100 participants, délais 1/2/3 mois, avis fédéral, assurance, sanctions.
  2. Portail de déclaration des manifestations sportives — aide Cerfa 15826 (2026) — Formulaires 15826 (sans classement) et 15827 (avec classement).
  3. FFC — Règles techniques et de sécurité des épreuves cyclistes sur la voie publique (2023) — Régimes de circulation, véhicules d'escorte, signaleurs (liste 3 semaines avant, mise en place 15-30 min avant, retrait 15 min après), secours, casque.
  4. FFC — Règles techniques et de sécurité des épreuves VTT (2025) — Balisage (flèches, 1 à 3 flèches inversées, croix), jalonneurs, radios, minima de secours par niveau, drapeau rouge.
  5. Circulaire du 13 mars 2018 relative à la sécurité des courses cyclistes (« bulle course ») (2018) — Usage exclusif temporaire, drapeaux rouge/vert, signalisation jaune-orangée.
  6. Référentiel national des dispositifs prévisionnels de secours (arrêté du 7 novembre 2006) (2006) — Formule RIS, coefficients environnement (0,40 grands espaces naturels) et délai d'intervention (0,40 au-delà de 30 min), seuils PAPS / petite / moyenne / grande envergure.
  7. FFVélo — Règlement type des organisations de cyclotourisme en France (2024) — Déclaration dès 100 participants, casque mineurs, ravitaillements hors chaussée à droite, secouristes PSC1.
  8. Pôle ressources national Sports de nature — Évaluation des incidences Natura 2000 (2026) — Liste nationale (budget > 100 000 € ou titre national/international), listes locales préfectorales.
  9. Code de la route, article R431-1-3 (casque obligatoire pour les moins de 12 ans) (2017) — Issu du décret n° 2016-1800.
  10. FFRandonnée — Balisage : les règles du balisage temporaire (2024) — Pas de peinture sur les arbres, craie au sol uniquement, retrait dans la semaine.
  11. SCGT Cyclisme — Guide du signaleur (2024) — Retour d'expérience club : dos à la course, arrivée 30 min avant, levée après la voiture balai, consignes d'incident.
  12. ONF — Organiser un événement en forêt domaniale (démarche en ligne) (2026) — Autorisation préalable de l'ONF pour toute manifestation en forêt domaniale.

Testez vos connaissances

Étape 1 / 6
Q1. Une rando VTT de 150 participants, sans chronométrage ni classement, empruntant des routes ouvertes : faut-il la déclarer ?

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